Le plateau de Gergovie

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Plateau de Gergovie
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Légende
Situation Gergovie, Puy-de-Dôme.
Ville la plus proche Clermont-Ferrand
Région Auvergne
Pays France
Intérêt Géologie structurale
Possibilité d'accès Pédestre via le village de Gergovie, en voiture sur le sommet du plateau
Type d'accès Route, chemins
Temps de visite nécessaire 4 heures
Voir Le plateau de Gergovie



Situé à la limite entre le plateau des Dômes et la plaine de la Limagne, le plateau de Gergovie, autrefois siège de la terrible bataille gallo-romaine, est un site vraiment très intéressant du point de vue géologique puisque les structures de trois maars y sont observables en plus de la classique inversion de relief. Il est à noter également les richesses minéralogiques et paléontologiques qui en ont été extraites durant les dernières décennies... Aujourd'hui le site étant protégé il est interdit d'y prospecter.

Histoire géologique de Gergovie

A l'Oligocène des sédiments marno-calcaire se déposent en milieu lacustre. Ces couches carbonatées, localement riche en fossiles (escargots, limnées, reptiles, mammifères), constitueront le substratum des évènements éruptifs plus récents. En effet les intrusions magmatiques dans les sédiments non diagénisés engendreront une activité phréatomagmatique (voir phréatomagmatisme) violente qui formera un maar. Certaines remontées magmatiques n'atteignent pas la surface et formeront localement des sills et dykes. Le cratère d'explosion sera recouvert par les dépôts pépéritiques (voir pépérite) de cette même phase éruptive. Un arrêt de l'activité volcanique permettra la mise en place de sédiments lacustres au Miocène inférieur.

A la même époque, une seconde phase éruptive de même type que la première, provoquera la formation d'un second maar épousant plus ou moins la forme du premier, un nouveau cratère d'explosion est créé et comblé par le matériel fragmenté de l'éruption. L'activité volcanique terminée, la dépression sera remplie par d'autres formations marno-calcaires.

A la fin de ces évènements, deux coulées de lave vont recouvrir toute la structure, l'une est datée à -19 Ma et la seconde à -16 Ma. Ces coulées vont jouer un rôle de bouclier protecteur contre les phénomènes érosifs, évitant la désagrégation des formations plus ou moins carbonatées sous-jacentes. L'érosion sculptera le paysage durant 16 millions d'années jusqu'à aujourd'hui où les coulées culminent à plus de 700 m et constituent le sommet du plateau de Gergovie, plateau dit "en inversion de relief".

Coupe gergovie.jpg

Richesses minéralogiques et paléontologiques

Le plateau de Gergovie n'est pas seulement renommé pour ses vestiges antiques, il s'agit d'un site connu et reconnu par les minéralogistes puisqu'il contient localement de l'opale de grande qualité (aujourd'hui totalement introuvable), des amas de zéolites, ainsi qu'un basalte vacuolaire à oursins d'aragonite et boules de calcite très prisés. Ces minéralisations sont secondaires et proviennent des émanations fumerolliennes (voir fumerolle) et des circulations hydrothermales tardives.
Au niveau fossiles, le site de Gergovie à également livré des spécimens intéressants ; le substratum marno-calcaire Chattien est localement très fossilifère, il a été extrait des mollusques d'eau douce (planorbes, limnées, escargots) mais également des vertébrés (oiseaux, tortues, crocodiles, mammifères)... Sous les deux coulées de laves, ce sont des sédiments de l'Aquitanien qui sont présents, ces derniers se débitent en plaquettes qui peuvent être très fossilifères, c'est plus de 60 espèces végétales tropicales qui y ont été recensées avec également une faune intéressante en mollusques lacustres !

Aragonite gergovie2.jpg
Aragonite de Gergovie, photo de R.BORNET (C)

Le Puy de Mardoux

Le Puy de Mardoux se situe immédiatement à l'Est du Plateau de Gergovie, il s'agit d'un ensemble basaltique et pépéritique. On note un dyke central d'orientation E-W, cheminée d'alimentation du Puy qui prend naissance dans une carrière à l'Est pour se profiler jusque sur les pentes du plateau de Gergovie. Ce dyke d'alimentation est entouré par des dépôts successifs de pépérites, plus ou moins épais selon l'intensité des explosions qui ont permis leur formation. Les pépérites "encerclent" le Puy de Mardoux, et ont une inclinaison d'une vingtaine de degrés en moyenne vers le centre du Puy. Il s'agit en effet de dépôts d'une activité phréatomagmatique.

Lors de sa remontée par l'actuel dyke, le magma a rencontré les sédiments non diagénisés (voir diagenèse) et chargés en eau. Cette rencontre eau-magma a provoqué une activité phréatomagmatique explosive qui a pulvérisé le substratum carbonaté pour former un maar. Lors de l'éruption, chaque explosion a permis la mise en place d'une couche de pépérite, les produits fragmentés sont retombés tout autour du Puy de Mardoux en comblant le maar et en donnant son aspect circulaire à l'édifice. L'érosion a ensuite réalisé le modelé actuel du paysage.


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