Panderia beaumonti : Différence entre versions

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Le tronçon oculaire &delta; est de même dimension que la branche antérieure, pour une branche postérieure deux fois moins longue. L’œil est en conséquence situé en zone postérieure et très latérale du céphalon (voir Planches n° 1 ; n° 2 ; n° 4).<br/>
  
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En zone frontale, on distingue 2 paires de taches de forme ovale, disposées symétriquement. En zone postérieure apparaît 2 taches, également parfaitement symétriques,<br/> et formant un angle droit dont le sommet est dirigé vers l’axe glabellaire (voir planche n° 5).<br/>
  
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'''Matériel utilisé pour la réalisation des photographies'''
 
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*APN Canon« Powershot » A95 ; APN Canon PowerShot A710  
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*Les planches sont réalisées avec le logiciel Adobe Photoshop
 
*Les planches sont réalisées avec le logiciel Adobe Photoshop
  
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Version actuelle datée du 11 mars 2021 à 22:33

Panderia beaumonti (Rouault 1847)

Quelques exemplaires de Traveusot en Guichen (I & V)

Panderia beaumonti est un trilobite fréquent dans le Llandeilo des synclinaux ordoviciens du sud de Rennes.
Le matériel récolté à Traveusot en Guichen, ou l’espèce est bien représentée, permet une description précise de la morphologie générale.
Carapace lisse de type Illænimorphe avec cependant une trilobation parfaitement définie, un céphalon très caractéristique doté d’une glabelle à forte convexité ;
organes récepteurs bien développés : zones oculaires relativement importantes et présence d’un tubercule glabellaire médian.


Position systématique

(D’après “Trilobites de France” P. Lebrun – Mars 2002)

Ordre Corynexochida KOBAYASHI 1935
Sous-ordre Illænina JAANUSSON 1959
Super famille Illænoïdea HAWLE & CORDA 1847
Famille Panderidæ Bruton 1968 ?
Panderia beaumonti (Rouault 1847)


Le matériel qui m'a permis ces quelques lignes est composé d'une vingtaine d'exemplaires : carapaces dorsales souvent complètes et bien conservées,
céphalons et pygidiums isolés, fragments de thorax.
Les fossiles proviennent le plus souvent de nodules mais sont également présents dans la masse même du schiste (voir photos n° 1 & 2)

(Voir : #REDIRECT Nodules fossilifères de l'Ordovicien armoricain


Nodule à Panderia beaumonti ; 2 carapaces dorsales et 1 pygidium

Carapaces dorsales complètes dans les schistes de Traveusot


Tous les spécimens proviennent du gisement de la voie ferrée Rennes / Redon (près des « Haltes de Laillé », gisement à présent strictement interdit), à proximité de Traveusot en Guichen (I et V)
(Je n’ai jamais observé à ce jour la présence de Panderia beaumonti dans le gisement de Château-Gaillard en Bain de Bretagne (I et V) pourtant daté également du Llandeilo et livrant une faune très comparable).
Seul 1 exemplaire (N° 366) est issu d’un affleurement le long de la D77, Bourg des Comptes/Laillé, affleurement qui a également livré Colpocoryphe rouaulti (Voir photo n° 5).

La faune, très riche, est typiquement Llandeilienne (Ordovicien moyen) et comprend, outre Panderia beaumonti : Phacopidina micheli ; Colpocoryphe rouaulti ; Guichenia dufouri ; Zeliszkella lapeyrei ; Eccoptochile mariana ; Prionocheilus mendax ; etc... des Illænidæ ainsi que des Asaphidæ. Echinodermes primitifs, mollusques céphalopodes (Orthoceras), gastéropodes et bivalves sont également présents.

Répartition géographique

L'espèce ibéro-armoricaine Panderia beaumonti (Rouault 1847) est relativement commune du Llandeilo au caradoc basal des formations d'Andouillé et de Traveusot. Elle est particulièrement bien représentée à Traveusot en Guichen (I & V).
On la trouve également dans les grès caradociens de Kermeur (Camaret / Finistère) ; au sommet de la formation du Pissot (Orne) et également dans le secteur de Mortain (Manche) (voir « Trilobites de France » P. Lebrun 2002 – page 44)
L'espèce est également présente en Espagne dans la région d'Almaden associée à une faune très proche de celle observée à Traveusot (F. Saupé – 1971) ainsi qu'au sud de Ciudad Real dans le secteur du lac de Fresneda (William I. Ausich, M. Dolores Gil Cid, Patricio Dominguez Alonso – J. Paleont., 76(6) 2002)

Morphologie générale de la carapace

Carapace dorsale complète de Panderia beaumonti constituant l'intégralité d'un nodule fossilifère
(remarquer le tubercule glabellaire médian particulièrement net)


Mesures effectuées sur le matériel (mm)

J'ai réalisé quelques mesures sur les exemplaires disponibles en considérant bien qu'elles ne peuvent avoir de valeur statistique vu le petit nombre d'exemplaires.
Il me semble toutefois que cela peut donner une idée des dimensions couramment rencontrées pour cette espèce.

Valeurs moyennes obtenues en mm :

  • Longueur totale de la carapace (LTC) : 36
  • Largeur totale de la carapace (lTC) : 21 (mesure effectuée au niveau du 1er anneau articulaire)
  • Longueur maximale du céphalon (L) : 15
  • Largeur maximale du céphalon (l) : 23
  • Longueur maximale du pygidium (LP) : 13
  • Largeur maximale du pygidium (lP) : 21
  • Largeur du rachis thoracique, mesurée au niveau du 1er anneau articulaire (lRT1) : 11
  • Largeur du rachis thoracique, mesurée au niveau du dernier anneau articulaire (lRTn) : 9

Trilobite de type illænimorphe à trilobation toutefois nettement mieux définie que chez le genre Ectillænus. Céphalon/thorax/pygidium sont de dimensions sensiblement égales.
La forme générale est rectangulaire avec un resserrement important à la jonction céphalon/thorax. (LTC = lTC x 1,7 env.) (voir mesures précédentes)

La carapace est lisse, la granulation visible sur certains spécimens bien conservés est très discrète. La convexité du céphalon est très prononcée par rapport à celle du thoracopygidium.
Céphalon et pygidium possèdent une bordure semi-circulaire lisse. (Voir photo n° 3 et planche n° 4)

A) Le céphalon

(Voir : #REDIRECT trilobites : éléments de nomenclature céphalique

Sa forme est ovale et d’une largeur supérieure au thorax (l = L x 1,5 env.) Le contour est souligné par un bourrelet céphalique continu. L’angle génal est ample, arrondi il n’y a pas de pointe génale. L’ensemble est lisse, une granulation très fine apparaît lors de l’observation à la loupe binoculaire. (Voir photo n° 3 ; planches n° 2 & 4)

a) Les sutures faciales

Elles sont de type opisthopariale.
La branche postérieure forme une courbure ouverte vers l’extérieure et aboutit au point ω entre le sillon dorsal et l’angle génal.
La branche antérieure, quasi rectiligne, aboutit directement au point α (+ β), légèrement en avant du point γ . Branche antérieure et tronçon périoculaire forment pratiquement un angle droit. Au point α(+ β), la branche antérieure se courbe légèrement au niveau du bourrelet céphalique frontal afin de se poursuivre vers la plaque rostrale (voir planches n° 1 ; 2 & n° 4)

b) La zone oculaire

La zone oculaire est bien développée : les yeux sont réniformes, situés latéralement de part et d’autre de la glabelle, à une distance proche de la bordure céphalique. Ils sont allongés et étroits. La longueur du tronçon oculaire γ δ ε chez le spécimen n° 168 (voir photo n° 3) est égale à 5 mm pour une hauteur de 1 mm.
L’œil est de type holochroal formé de petites lentilles juxtaposées de conservation médiocre.
Le lobe palpébral est lisse, en pente douce transversalement et présente un léger bombement.
La suture faciale δ est située approximativement au tiers de la distance entre le sillon dorsal glabellaire et le bord latéral du céphalon.

Le tronçon oculaire δ est de même dimension que la branche antérieure, pour une branche postérieure deux fois moins longue. L’œil est en conséquence situé en zone postérieure et très latérale du céphalon (voir Planches n° 1 ; n° 2 ; n° 4).

Céphalon

Carapace dorsale

Céphalon / rachis thoracique / Pygidium


c) La glabelle

Elle est très caractéristique : en forme de tonneau, de dimension importante et fortement convexe.
Elle est délimitée par des sillons dorsaux divergents, bien marqués, qui s’effacent progressivement pour disparaître au niveau γ de la suture faciale (voir photo n° 3 & planches n° 1 & 3).
La surface glabellaire est lisse, sans sillons observables. Une crête axiale très fine, difficilement observable, occupe la position zénithale et disparaît à l’approche du lobe frontal.
Il n’y a pas de champ pré-glabellaire, la glabelle atteignant le bord antérieur du céphalon. La bordure postérieure abrupte, recouvre le premier anneau du rachis thoracique (position de repos / Voir planche n° 6) et débouche sur un sillon occipital très fin.

L’examen du spécimen n° 169 montre la présence à la surface glabellaire de taches sombres considérées comme étant la trace des aires d’insertion de muscles portant les appendices céphaliques (Trilobites – P. Lebrun 1995).
En zone frontale, on distingue 2 paires de taches de forme ovale, disposées symétriquement. En zone postérieure apparaît 2 taches, également parfaitement symétriques,
et formant un angle droit dont le sommet est dirigé vers l’axe glabellaire (voir planche n° 5).

Carapace dorsale complète (sutures faciales ; tubercule glabellaire médian)

Impressions auxiliaires de la glabelle


d) Le tubercule glabellaire médian

Il est micrométrique et difficilement observable. Il est situé dans l’axe de la glabelle, légèrement en avant du point ε de la branche oculaire de la suture faciale.
Il semble occuper une position variable selon le degré de convexité de la glabelle (il est toutefois toujours en position zénithale).
Considéré comme une structure à finalité sensorielle, il est parfois décrit comme étant un organe photorécepteur (Fortey & Clarkson 1976), dans la mesure ou ce point occupe une position non couverte par le champ visuel des yeux.
(voir planche n° 4 & photo n° 4).

(Voir : #REDIRECT trilobites : notes sur quelques structures annexes

Le tubercule glabellaire médian

Carapace dorsale complète déformée ; affleurement le long de la D77, Bourg des Comptes/Laillé (I & V)

B) Le thorax

(Voir : #REDIRECT Trilobites : éléments de nomenclature thoracique

Le thorax est formé de 8 segments

a) La région axiale

Le rachis est fort et bien marqué ; il est convexe transversalement et limité latéralement par un sillon dorsal net. Les anneaux axiaux sont lisses (voir photo n° 3 & planche n° 3).
A la base de chaque anneau axial et dans l’axe du sillon dorsal on observe une profonde dépression, sorte de « puits » de forme circulaire, (même observation chez certains Illænidæ (Ectillænus giganteus). La dépression circulaire située à la base des sillons dorsaux du céphalon est celle qui présente le plus grand diamètre. Le rôle de ces perforations fait l’objet de discussions : elles pourraient avoir contenu des « poils sensoriels » ; ces perforations étant présentes à l’extrémité de certaines épines (voir l’épine glabellaire de Dionide mareki) elles sont parfois interprétées comme ayant eu un rôle d’échanges gazeux dans la fonction respiratoire de l’organisme en position d’enfouissement (voir planches n° 2 ; 3 & 4 ; photo n° 3).


b) La région pleurale

Les plèvres, lisses et arquées transversalement à l’instar des anneaux rachidiaux, sont légèrement surbaissées par rapport au rachis. Leurs dimensions sont inférieures à celles des anneaux rachidiaux.
L’épine pleurale, courte, s’oriente vers l’arrière. Chaque plèvre est divisée en 2 parties : 1 partie proche du sillon dorsal relativement plane, présentant une dépression axiale ; 1 partie latérale de profil plus abrupt, terminée par l’épine pleurale aiguë (voir planches 2 ; 3 & 4).

C) Le pygidium

(Voir : #REDIRECT Trilobites : éléments de nomenclature pygidiale

Sa taille est sensiblement égale à celle du céphalon (type isopyge) ; la forme est semi-circulaire, la surface et la bordure sont lisses. Le rachis est puissant, d’une seule pièce n’atteignant pas la bordure pygidiale.

Il n’y a pas d’anneaux axiaux identifiables. Les sillons axiaux sont peu profonds mais nettement observables. On observe un faible bombement dans l’axe du rachis ; ce dernier présente un bord postérieur de forme arrondie. Les lobes pleuraux sont lisses.

La zone périphérique du pygidium montre un profil en pente relativement accusée, en particulier en position de repos. Cette pente devient moins forte en approchant de la bordure pygidiale (voir photo n° 3 & planche n° 3).


D) Postures de vie :

Les carapaces dorsales complètes de Panderia beaumonti, m'ont permis d'observer différentes postures de vie chez les trilobites. Se reporter à l'article :

  1. REDIRECT Trilobites : 3 exemples de postures de vie

Voir ci-dessous une synthèse des différents clichés de cet article.

postures de vie


Matériel utilisé pour la réalisation des photographies

  • APN Canon« Powershot » A95 ; APN Canon PowerShot A710
  • Les planches sont réalisées avec le logiciel Adobe Photoshop

A consulter

  • Trilobites ordoviciens du Massif armoricain (Jean-Louis HENRY) Mémoires de la Société Géologique et Minéralogique de Bretagne. N° 22 / 1980.
  • Trilobites (Patrice LEBRUN) Editions « Minéraux et Fossiles » Déc. 1995
  • Trilobites de France (Patrice LEBRUN) Editions « Minéraux et Fossiles » Mars 2002
  • France. Introduction à la Géologie de l’ouest. 26ème congrès géologique international (Jean-Jacques CHAUVEL - Michel ROBARDET) Paris 1980.
  • Mémoires du BRGM. Colloque Ordovicien-Silurien. Editions du BRGM. Brest / septembre 1971. N° 73.
  • Précambrien - Ere Paléozoïque (Ch. POMEROL - Cl. BABIN) Editions Douin 1977.
  • Fossiles de France et des régions limitrophes. Guides géologiques régionaux (JC. FISCHER) Editions Masson 1980.
  • Guides géologiques régionaux. Editions Masson 1977

Bretagne (S. DURAND) Normandie (F. DORE)


Yvan LEMEUR, 25/12/2007


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