Émeraude

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Émeraude
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Origine du nom vient du latin smaragdus, "coeur de pierre"
Localité type inconnue
Auteur(s) de la description
Date de la publication
Référence de la publication
Classe chimique VIII SILICATES
Sous-classe chimique Cyclosilicates, Variété colorée du béryl
Formule chimique Al2Be3[Si6O18]
Système cristallin hexagonal
Classe de symétrie
Réseau de Bravais
Dureté "Mohs" 7.8-8.0
Densité 2,70 à 2,78
Clivages clivage basal faible
Cassures Conchoïdale


L'émeraude

Elle doit sa couleur verte à la présence de traces de chrome ou de vanadium. Ses cristaux hexagonaux, tabulaires, ou prismatiques, à terminaisons plates ou complexes.

De tout temps elle a été l'une des pierres fines les plus appréciées (pierres facettées, cabochons).

Note: Les belles émeraudes proviennent surtout de Colombie. Fait exceptionnel, ces émeraudes ont une origine hydrothermale et non pas magmatique. On les trouve dans des calcaires et des schistes argileux. L'émeraude naturelle, sans fracture ni inclusion, est très rare et donc très chère.

  • Statut : Variété gemme, colorée en vert par le chrome, ou le vanadium, du minéral béryl.
  • Propriétés optiques et autres : transparent à translucide
  • Couleur : vert
  • Éclat du minéral : Vitreux, mat
  • Trace : blanche
  • Morphologie des cristaux : prismes hexagonaux assez courts
  • Macles :
  • Morphologie des agrégats :
  • Conditions de formation et/ou de gisement : pegmatique, métamorphique, hydrothermale-pneumatolytique
  • Utilisations : De tout temps l'une des pierres fines les plus appréciées (facette et cabochon)
  • Échantillons de collection : Colombie (mines de Muzo, Coscuez-Boyaca, Chivor et très récemment de La Pita) Autriche (Habachtal) Norvège (Eidsvold) URSS (Oural – Takovaïa) Egypte (Zabarah) Zimbabwe (Sandawana) Afrique du Sud (Gravelotte) Mozambique (Alto Ligonha) Tanzanie (Lake Manjara) Brésil (Carnaiba ; gisement de Jacobina dans l’état de Bahia) Inde Pakistan Australie Zaïre USA (Caroline du Nord)



Extrait d'une étude sur le chrome et ses minéraux à paraître dans un prochain Bulletin du Club de Minéralogie de Chamonix du Mont-Blanc et des Alpes du Nord :
Béryl émeraude. Mais d'abord, mis à part d'être un béryl et sans doute la gemme la plus prisée, qu'est donc exactement une émeraude ?
Durant les centaines d'années qui ont précédé la mise en application de la chimie moderne, de nombreuses pierres d'un vert attractif étaient appelées émeraudes. Ce fut le cas des péridots de Zebirget (prononcer *zabargat) en Mer Rouge.
Vauquelin, qui avait découvert le chrome dans le " plomb rouge de Sibérie ", retrouva ce nouvel élément dans le " fer chromaté aluminé de la Carade " et dans le " béryl de France ". (S’agit-il du béryl de Pont-en-Barrost, ou de l'émeraude de la route de Rennes à Nantes ? On lit parfois " béryl de Limoges ").
C'est vers le milieu du dix-neuvième siècle que l'on décida de réserver l'appellation émeraude aux seuls béryls devant leur couleur verte à des traces – moins de 1 % – de chrome. Cette définition, stricte du point de vue chimique, mais très imprécise quant à la nuance colorée (nul ne sait ce qu'est le véritable " vert-émeraude "), resta en vigueur jusqu'en 1963. Á cette date, fut trouvé à Salininhas au Brésil, un magnifique béryl vert, coloré par le vanadium ; après bien des controverses, ce béryl fut accepté comme émeraude par le G.I.A. (Gemological Institute of America). Le béryl émeraude coloré par le vanadium est aussi connu en Afrique… Les " V-émeraudes ", sont des béryls riches en vanadium et en chrome…
Le fameux béryl rouge de l'Utah, est dit " American Red Emerald " par ceux qui le commercialisent. Ce béryl est parfois nommé " bixbite ", ou encore " bityite ". On se gardera de confondre " bityite " (la véritable bityite est un silicate dont le nom provient des monts Bity à Madagascar), et bixbyite (un oxyde cubique dédié à Maynard Bixby de Salt Lake City), d'autant qu'existe aussi la bisbeeite (un silicate fibreux dont le nom honore Bisbee, Arizona).
Les émeraudes de Franquiera, Galice, Espagne, dont la teneur en chrome est 0,11 %, gisent avec le chrysobéryl et la phénacite (ou phénakite – orthographe retenue par l’I.M.A.).
En 1831, Maksim Kozhevnokov, un paysan du district de Beloyarsk, trouva sur les bords de la rivière Takovaya, des émeraudes parmi les racines d'un pin arraché par la tempête. Les premières véritables émeraudes trouvées en Russie ! Émeraude en Russe se dit " izumrud " de " izumlenie " = " époustouflant " et " ruda " = " minerai " ; " Izumrudnye Kopi " c'est " la mine d'émeraude ", d'où viennent aussi des alexandrites et des phénacites ; selon certaines estimations cette zone de 25 km de long sur 2 km de large, aurait livré de 1831 à 1922 : 20 tonnes d'émeraudes, 3 tonnes d'alexandrites et 3 tonnes de phénacites. Dans les béryls émeraude de l'Oural, il y a substitution isomorphique d'aluminium par du chrome trivalent ; la coloration verte apparaît dès que la teneur en Cr3+ atteint 0,05 %, le vert profond correspond à des teneurs comprises entre 0,15 et 0,20 % de Cr3+.
Généralement, dans l’émeraude, moins de 1,5 % des ions aluminium sont remplacés par des ions chrome. Les émeraudes vanadifères du Brésil contiennent seulement quelques dix-millièmes de chrome, les émeraudes de Salininha contiennent 0,03 % de Cr et 0,15 % de Va. Dans la même région, les émeraudes de Santa Terezinha montrent des inclusions de talc, de chromite, et de pyrite.
L'émeraude a donné lieu à de nombreuses tentatives, plus ou moins réussies, d'imitation, que l’on les distingue des émeraudes naturelles par l'étude de leurs inclusions. L'emploi du filtre de Chelsea permet, quant à lui, de distinguer les émeraudes – naturelles ou artificielles – contenant du chrome, de celles n'en contenant pas et donc colorées par le vanadium ; en effet les premières apparaissent rouges par ce truchement, ce n'est pas le cas des secondes. Une nouvelle méthode, mise au point par une équipe de chercheurs de l'ORSTOM et du CNRS, basée sur le rapport de concentration de deux principaux isotopes (16 et 18) de l'oxygène présent dans les émeraudes, permet d'ores et déjà de reconnaître le gisement d'origine des spécimens, et du même coup leur authenticité.
Je ne m'étendrais pas davantage sur ce sujet qui, à lui seul, mériterait plusieurs pages. Je dirais seulement qu'existent, ou ont existé, en France quelques gisements où le béryl était présent. Le gîte producteur le plus proche de notre région se situe en Suisse, mais il est dans l’ombre de celui du Habachtal en Autriche, déjà exploité par les Celtes et les Romains…
(Merci de respecter la propriété de cet article)


Document externe à consulter : http://www.crpg.cnrs-nancy.fr/Science/Emeraudes/AFG1.html


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