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Ectillaenus giganteus

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> Ectillaenus giganteus

Sommaire

Ectillænus giganteus (Burmeister 1843)

Ectillænus giganteus est un trilobite particulièrement bien représenté dans l’Ordovicien armoricain. C’est un organisme souvent de grande taille, à carapace parabolique, caractérisé par un effacement général de l’ornementation (morphotype des Illænimorphes), sans doute adapté à un mode de vie endobionte (enfouissement en sédiments meubles).


Position systématique

(d’après “Trilobites de France” P. Lebrun – Mars 2002)

Ordre Corynexochida Kobayashi 1935
Sous-ordre Illænina Jaanusson 1959
Super-famille Illænoidea Hawle & Corda 1847
Famille Illænidæ Hawle & Corda 1847
Ectillænus giganteus (Burmeister 1843)


Répartition géographique

Le genre Ectillænus est connu, parfois en abondance, dans de nombreux gisements de l’Ordovicien répartis sur une très vaste aire géographique qui s’étend du Maroc (« L’Ordovicien moyen de l’Anti-Atlas marocain : paléobiodiversité, révision biostratigraphique et corrélation » Juan Carlos Gutiérrez-Marco, Jacques Destombes , Isabel Rábano, Guillermo Federico Aceñolaza, Graciela Noemí Sarmiento a, Miguel Ángel San José – 2002) aux pays baltes en passant par l’Espagne (région de Tolède) (Rabano I., 1990. Trilobites del Ordovicio medio del sector meridional de la Zona Centroiberica Española. Pub. Esp. Bol Geol. Min. pp. 1 – 233), le Portugal (schistes de Valongo), la Bohême, les Iles britanniques, la Suède…

En Bretagne et Normandie il est présent dans tout l’Ordovicien moyen avec plus ou moins de fréquence (parfois il représente l’essentiel de la faune). Au Petit-Beaumont / Hague (Manche), c’est l’un des trilobites les plus fréquent, avec Neseuretus tristani. Il est abondant au sud de Rennes (synclinorium de Martigné-Ferchaud), dans les schistes dit « à Neseuretus » datés du Llanvirnien : secteur de la Primaudais, de La Dominelais (I et V), etc… ; Traveusot en Guichen (Llandeilien), zone de Château-Gaillard en Bain de Bretagne à la commune du Châtellier (I et V)». Il est connu dans la formation d’Andouillé (Synclinorium de Laval) ainsi que dans la formation du Pissot (Synclinorium Mortain/Domfront). Il est très commun dans les schistes de l’unité anticlinale de Lanvaux / Les-Ponts-de-Cé (La Pouëze et Trélazé / Maine & Loire) où les spécimens sont souvent de grande taille.


Matériel

Le matériel ayant permis les observations qui suivent est abondant. Ce sont souvent des carapaces dorsales complètes (spécimens couramment en position enroulée), selon les types de gisements les déformations peuvent être importantes et la qualité de conservation médiocre. Les spécimens proviennent pour l’Ille & Vilaine de la commune du Chatellier, secteur de la Pierre-Longue en Pléchatel, Château-Gaillard en Bain de Bretagne, Traveusot en Guichen, secteur de La Primaudais et de la Dominelais au sud de Bain de Bretagne, etc… la Pouëze dans le Maine & Loire, Le Petit Beaumont-Hague dans la Manche.

Morphologie générale de la carapace

Carapace de type illænimorphe caractérisée par une forme générale parabolique, une surface lisse où l’axis céphalique et l’axis dorsal (dans une moindre mesure) se différencient peu des régions pleurales (voir photos n° 1 à 3). Une rupture de pente permet seule de séparer le rachis thoracique des plèvres latérales. Céphalon, thorax et pygidium sont de dimensions sensiblement égales (type isopyge). On note un effacement de la trilobation. Les carapaces sont souvent de grande taille (parfois > à 30 cm)


Photo n° 1

Carapace dorsale complète - structure générale


Photo n° 2

Carapace dorsale complète dans les schistes du Petit-Beaumont/Hague


Photo n° 3

Carapace dorsale complète dans les schistes du Petit-Beaumont/Hague


La région céphalique

Voir : Trilobites : éléments de nomenclature céphalique

La forme générale est celle d’une parabole plus ou moins accentuée à bordure lisse. La zone glabellaire est peu apparente, définie uniquement par de faibles sillons dorsaux pratiquement rectilignes qui s’effacent progressivement en s’éloignant de la région thoracique. Ces sillons dorsaux sont toutefois parfaitement identifiables sur des empreintes assez fines. Certains exemplaires présentent des sillons dorsaux plus accentués (voir photos n° 15 ; 17 ; 18), ceci est peut-être le résultat de phénomènes de déformation (?). Il n’y a pas de lobe frontal glabellaire distinct, celui-ci se confondant avec l’aire frontale.

La zone oculaire, réduite chez les Illænidæ, n’est, en général, pas apparente. La suture oculaire n’est pas observable. Toutefois l’empreinte YCL-223 / Le Petit-Beaumont / Hague (voir photo n° 5), montre une dépression réniforme de part et d’autre de la zone postérieure du céphalon, indiquant parfaitement la position de l’œil. Les branches post-oculaires des sutures faciales sont incurvées à leur extrémité postérieure (observation souvent difficile).
Les librigènes sont étroites, il n’y a pas de pointes génales, l’angle génal est assez ouvert. La doublure céphalique est large, couverte de terrasses cuticulaires concentriques visibles sur les exemplaires les mieux conservés.

Photo n° 4

Carapace dorsale complète dans les schistes du Petit-Beaumont/Hague


Photo n° 5

Empreinte de carapace dorsale ; remarquer la position des yeux ainsi que la forme générale très ovale de la carapace


Photo n° 6

Spécimen du Portugal (Formation du Valongo) ; remarquer la déformation de la carapace


Photo n° 7

Carapace dorsale incomplète


Le thorax

Voir : Trilobites : éléments de nomenclature thoracique

Il est formé de 10 segments bien marqués. Le rachis thoracique est nettement individualisé, sa largeur représentant moins du tiers de la largeur totale de la carapace.

Les sillons dorsaux sont profonds, individualisant clairement axis et zones pleurales. Certains spécimens bien conservés, montrent le long des sillons dorsaux, au niveau de chaque plèvre, une profonde fossette circulaire (voir photo n° 8). Cette fossette (« puits »), a déjà été observée chez Panderia beaumonti (Voir : Panderia beaumonti), son utilité fait l’objet de discussions : organe de respiration (?) passage de « poils » sensoriels (?)… Les anneaux articulaires, ainsi que les plèvres, présentent une surface lisse. Les anneaux articulaires sont légèrement arqués. Les plèvres sont simples, sans sillon pleural observable.

La séparation céphalon / thorax ne montre pas de bourrelet céphalique postérieur, mais un sillon assez net qui s’efface en position d’enroulement (Voir photo n° 20).
Les zones pleurales sont surbaissées par rapport à l’axis thoracique. Les plèvres présentent une importante géniculation à mi-longueur ; elles se terminent par une épine pleurale courte (voir photo n° 9).
La largeur de l’axis thoracique va s’amenuisant de la base du céphalon au pygidium, déterminant ainsi une courbure générale des sillons dorsaux (ceci est plus ou moins accentué).

Photo n° 8

Carapace dorsale incomplète avec une observation très nette des “puits”


Photo n° 9

Détail du thorax du spécimen de la photo 5 ; remarquer la géniculation des plèvres à mi-longueur


Photo n° 10

Empreinte de thorax (La Pouëze - Maine & Loire)

Le pygidium

Voir : Trilobites : éléments de nomenclature pygidiale

Il est large, légèrement ogival, parfois presque circulaire. Sa surface est lisse, la région axiale, peu nette, se devine dans le prolongement du rachis thoracique par l’observation d’un léger « bombement » de forme plus ou moins ogivale, devenant postérieurement obsolète (voir photo n° 12). Les sillons axiaux sont faibles. Pas de segmentation observable ; les régions pleurales sont lisses.
Le profil pygidial est légèrement convexe, l’inclinaison faiblissant vers le pourtour détermine une bordure pygidiale au profil peu accusé. Cette zone montre parfois une série de très fines lignes parallèles à la bordure pygidiale (terrasses cuticulaires – voir photos n° 13 ; 14 ; 17).

Photo n° 11

Pygidium et fragment de thorax


Photo n° 12

Spécimen incomplet du Chatellier ; remarquer le léger “bombement” signalant le rachis pygidial


Rôle des terrasses cuticulaires

Ces terrasses s’observent aussi chez les Asaphidæ, une famille montrant également un certain effacement de l’ornementation. Ce caractère est souvent interprété comme une adaptation à un milieu de sédiments meubles (sable ; vase) de relative profondeur (Les Illænidæ sont considérés comme étant des organismes benthiques liés à une profondeur de l’ordre de la centaine de mètres (Hammann 1985).
Ces rides pouvaient être utiles lors de l’enfouissement dans les sédiments, agissant comme des sortes de freins ou stabilisateurs.
Il est remarquable à ce propos de constater que ces lignes de terrasses sont principalement observables sur les parties marginales de la carapace (limbe, doublure céphalique, bordure marginale du pygidium), c’est-à-dire les zones en contact direct avec les sédiments et dont les mouvements participent à l’enfouissement de l’organisme.

Voir : Trilobites : notes sur quelques structures annexes.

Photo n° 13

Observation de terrasses cuticulaires sur le pygidium


Photo n° 14

Observation de terrasses cuticulaires sur le pygidium


Remarques sur quelques exemplaires du Petit-Beaumont / Hague (Manche)

Au Petit-Beaumont / Hague (Manche), les carapaces du genre Ectillænus sont souvent complètes et peu déformées ; les organismes sont sans doute autochtones. On peut constater une certaine diversité quant à la forme générale de la carapace : des carapaces paraboliques relativement larges (rapport Longueur Totale de la Carapace/Largeur Totale de la Carapace (LTC/lTC) proche de 1,2 à 1,3 ), des carapaces oblongues, le rapport LTC/lTC pouvant atteindre 2. La carapace n° 165 présente ainsi une forme particulièrement élancée, un céphalon dont la longueur équivaut pratiquement à sa largeur. Les sillons dorsaux sont très profonds (voir photo n° 15 &17) et une ride médiane parcourt l’axe glabellaire (voir photo n° 15)(Phénomènes de déformation ?). L’appartenance à l’espèce giganteus peut prêter à discussion… ( ?)

Photo n° 15

Carapace dorsale incomplète du Petit-Beaumont / Hague. Remarquer la structure particulièrement élancée ainsi que la ride médiane du céphalon


Photo n° 16

Carapace dorsale déformée


Photo n° 17

Carapace dorsale du Petit-Beaumont / Hague. Remarquer la profondeur des sillons dorsaux du thorax, mais également du céphalon ;
également les terrasses cuticulaires de la bordure pygidiale


Photo n° 18

Carapace dorsale incomplète. Même remarque que pour la photo 17 en ce qui concerne les sillons dorsaux.


Photo n° 19

Carapace dorsale très oblongue du Petit-Beaumont / Hague.

Posture enroulée

Ectillænus giganteus est une espèce très fréquemment rencontrée en position d’enroulement. Dans les gisements ou la faune est conservée dans des nodules, il n’est pas rare que le nodule soit en fait dans sa totalité un Ectillænus enroulé (Voir photo n° 20).
Les spécimens observés ici présentent une flexion totale de la carapace, entraînant une fermeture bord à bord du céphalon et du pygidium.
Le Céphalon est fortement bombé, la flexion est maximum au niveau des anneaux articulaires. L’enroulement est ici sphéroïde (contact du pygidium avec la doublure céphalique).
Certains exemplaires montrent des positions d’enroulement imparfaites : décrochement entre bordures céphaliques et pygidiales (diversité intra-spécifique de la posture enroulée ou déplacement post-mortem des éléments de la carapace (?) Il faut prendre en considération la qualité de conservation parfois médiocre des carapaces).

Photo n° 20

Spécimens enroulés de Château-Gaillard en Bain de Bretagne (I & V)


Photo n° 21

Spécimen des synclinaux du sud de Rennes montrant bien la déformation subie par le matériel


Photo n° 22

Spécimen très “écrasé” du Petit-Beaumont / Hague



(Les clichés originaux ont été réalisés avec un APN Canon PowerShot A710, les planches construites avec le logiciel Adobe Photoshop)

A consulter

  • “Trilobites” (Patrice LEBRUN) Editions « Minéraux et Fossiles » Déc. 1995.
  • “Trilobites de France” (Patrice LEBRUN) Editions « Minéraux et Fossiles » Mars 2002.



Yvan LEMEUR, le 4 mai 2008


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